Penser, c’est se tromper !

Nous sommes tous persuadés que nous sommes capables de voir ce qu’il y a devant nous, que nous avons bonne mémoire des évènements de notre passé ou que nous savons bien faire la différence entre cause et conséquence. Pourtant…les 2 psychologues Chabris et Simmons dans « le gorille invisible » nous montrent combien nous nous trompons lourdement. Ils illustrent les biais cognitifs qui influencent nos vies quotidiennes : l’illusion de la mémoire, de l’attention (voir le petit test), de la confiance, de la connaissance, de la cause,… Par exemple que répondez-vous à la question « de quoi meurent les stars du rock ou du cinéma? »; la réponse est souvent : drogue, suicide, accident, sida,…, or la plupart meurent dans leur lit ! mais les premières images qui nous viennent sont celles de Marylin Monroe, John Lennon ou Amy Whinehouse. C’est ce qu’on appelle le biais de disponibilité.

Un autre exemple expérimenté par le psychologue américain D. Kahneman illustre le biais d’ancrage : une roue de la fortune marquée de 0 à 100 a été truquée et ne peut s’arrêter que sur 2 valeurs : 10 et 65. Après avoir fait tourner la roue, qui s’arrête donc sur 10 ou 65, on pose 2 questions : a) le pourcentage de pays d’Afrique aux Nations Unies est-il inférieur ou supérieur au nombre tiré sur la roue et b) quel est selon vous le pourcentage de pays d’Afrique aux Nations Unies ? Il n’y a aucun rapport entre cette roue et la question géopolitique posée, bien entendu. Pourtant, les personnes qui ont tiré le nombre 10 sur la roue répondaient 25% en moyenne aux 2 questions alors que ceux qui ont tiré le nombre 65 répondaient 45% en moyenne aux 2 questions ! Ce biais d’ancrage apparait lorsque les gens sont exposés à une valeur particulière (l’ancre) avant d’estimer une valeur inconnue. Ce résultat a été vérifié au travers de multiples études de par le monde. On comprend mieux les spécialistes de la négociation ou du marketing qui « ancrent » un premier prix dans notre psyché (plus élevé ou moins élevé que la réalité) pour nous influencer !

Nous trouvons 3 systèmes à l’œuvre dans le cerveau. Le système 1 : rapide , automatique et intuitif. Le système 2 : lent, logique et réfléchi. Un troisième système permet d’arbitrer, au cas par cas, entre les 2 premiers systèmes. Le système 3 peut inhiber la pensée rapide lorsque l’application de la logique est nécessaire. Exemple : a) les éléphants sont des mangeurs de foin et b) les mangeurs de foin ne sont pas lourds. Est-ce que cela veut dire que les éléphants sont lourds ? Non, bien sûr, mais les enfants (6-12 ans) répondent souvent oui car ils ont encore du mal à inhiber le contenu sémantique (les enfants savent que l’éléphant est lourd) pour se centrer sur l’aspect logique (ou illogique plutôt !) de la déduction. Les adultes se trompent aussi…car ils examinent également prioritairement la crédibilité sémantique avant la validité logique. Exemple : a) toutes les roses sont des fleurs et b) certaines fleurs fanent vite donc c) certaines roses fanent vite. Il faut se concentrer pour observer que c) est biaisé… car il se peut qu’il n’y ait aucune rose parmi les fleurs qui fanent vite et il faut se battre contre la déduction car certaines roses fanent vite en effet !

 Vous suivez toujours ? Alors, allez lire cet excellent livre qui va bouleverser votre vision du monde et vous rendre très indulgent envers vous-même et les autres. Il va peut-être aussi renforcer votre conviction que notre réalité n’est qu’illusion !!

Et vous? Etes-vous prêts à changer de régime ?

Adieu veau, vache, cochon ! Le régime végétarien gagne des points décisifs en termes de santé et de transition vers un système agricole durable permettant de nourrir corrrectement 7 milliards d’êtres humains…
Le nouveau PNNS 4 (Plan National Nutrition Santé) encourage à réduire fortement la consommation de viande dans le cadre d’une alimentation plus saine. Nouveauté : les légumineuses (pois chiches, lentilles, haricots,…) et les fruits à coque non salés (noix, noisette, amande…) sont les bienvenus dans nos assiettes tous les jours. La revue médicale internationale « The Lancet » va beaucoup plus loin en réduisant la viande rouge à 1 steak par semaine, en réduisant notre consommation de sucre par 2 et en doublant celle de fruits et légumes. Enfin, le jambon contient des nitrites qui est un cancérogène probable (OMS en 2006). Le PNNS 4 déconseille les produits ultratransformés et préconise également 30 minutes quotidiennes « d’activité physique dynamique » ![source Que Choisir mars 2019]

Les fessées et autres châtiments corporels? Stop !

Depuis une vingtaine d’années, de nombreuses études ont montré que frapper l’enfant produit des effets négatifs importants, contrairement à l’opinion largement répandue dans de nombreux pays comme la France. Ces effets sont terribles à court et long terme: augmentation de la fréquence et sévérité des troubles mentaux, anxiété, dépression, usage d’alcool et de médicaments, moindre développement cognitif, et augmentation de la fréquence de la sexualité masochiste

A l’inverse, ces études prouvent qu’arrêter de corriger nos enfants améliorent leur intégration scolaire, leurs relations avec leurs parents et les autres enfants et diminue les comportements violents.

Conclusion : les idées reçues et croyances (exemple : « enfant, j’ai reçu des claques et fessées et je n’en suis pas mort ») sont désastreuses et surtout inefficaces !

Faut-il laisser bébé pleurer ?

Que disent les dernières recherches scientifiques ?

Faut-il réconforter immédiatement le bébé ou l’enfant ou au contraire ignorer les pleurs en les considérant comme un signe d’immaturité, de coliques ou de caprice ?

Les études énoncent quelques vérités bonnes à connaitre : l’enfant n’est pas en capacité de pleurer de manière volontaire et contrôlée; pleurer est un puissant antistress comme trembler, bailler ou transpirer. L’analyse des larmes a montré la présence d’adrénaline et de noradrénaline, deux hormones secrétées lorsque nous sommes stressés. Les larmes permettent simplement d’éliminer ces hormones ! Pleurer crée une stimulation physiologique suivie d’une profonde relaxation, très efficace pour réduire la tension artérielle, le rythme cardiaque  et la tension psychologique. Ainsi le fait que les hommes pleurent moins que les femmes les exposerait davantage aux troubles liés au stress (crises cardiaques, attaques cérébrales,…). Donc si un bébé pleure (pour une autre raison que ses besoins physiologiques de base!), il s’agit d’accompagner les pleurs plutôt que de les réprimer : prenez-le fermement dans vos bras, acceptez qu’il se débatte dans un premier temps puis observez le moment de détente où il reste lové dans vos bras; un enfant à qui on permet de pleurer à satiété dans les bras sécurisants d’un adulte tendra à moins pleurer que les autres enfants et à mieux dormir.

Conclusion : pleurer est bon pour la santé ! et même pour les bébés, à condition de les accompagner.   

Thérapie brève et hypnose