La mémoire est la fonction qui nous permet d’encoder, conserver et restituer
des informations pour interagir avec notre environnement. Elle rassemble
nos savoir-faire, nos connaissances, nos souvenirs (source Inserm).
Il existe 5 types de mémoire :
- La mémoire de travail (à court terme) qui permet par exemple de retenir
un code avant de le noter - La mémoire sémantique (permet par exemple de se souvenir du sens
des mots) - La mémoire épisodique (permet de se souvenir de ce que l’on a fait la
semaine dernière) - La mémoire procédurale permet des automatismes inconscients :
conduire, marcher, faire du vélo - La mémoire perceptive est liée aux différentes modalités sensorielles,
permet de retenir des visages, des lieux ou des voix
Ces mémoires sont interconnectées et sont indispensables à la réflexion et à
la projection de chacun dans le futur. Elles fournissent la base de notre
identité.
Je vous propose de nous intéresser au phénomène de la mémorisation et de l’oubli en battant en brèche plusieurs croyances répandues, grâce à la science. Le chercheur M. Laisney (Inserm) nous vulgarise quelques éléments très contre-intuitifs ! (voir podcast en lien sous l’article). Par exemple, pour retenir quelque chose, on nous dit depuis notre enfance qu’il faut apprendre par coeur, par la répétition (souvenez-vous l’apprentissage de la mémorisation des poèmes)… En réalité, ce chercheur nous rappelle qu’une mémorisation efficace utilise le contexte et implique tous nos sens pour retenir les choses. Voilà pourquoi nous pouvons conseiller à nos enfants d’apprendre en dansant et en chantant !
De la même manière, il revient sur la création des faux souvenirs et la reconstruction de notre passé :
Comment créons-nous des faux souvenirs ?
Répondre positivement à une question sur un élément exact de notre mémoire va renforcer la trace mnésique. Par exemple, en répondant « oui le portail de ma maison d’enfance était en fer forgé »: la ré-interrogation et la validation positive va consolider ce souvenir.
A l’inverse, infirmer « non la couleur du portail de ma maison d’enfance n’était
pas bleue », nous amène à oublier la couleur de ce portail! et potentiellement
créer un faux souvenir que le portail était bleu…c’est vertigineux et cela éclaire
la puissance d’induction de faux souvenirs par de simples questions.
Comment notre mémoire reconstruit-elle notre passé ? nous avons des
souvenirs flash d’évènements (souvent négatifs), comment ces souvenirs évoluent-ils avec le temps et se modifient-ils? Les réminiscences dépendent
de notre contexte social, de nos croyances et de notre vision du monde. Nos
souvenirs sont souvent déformés (petites variations) et…c’est dur de le
reconnaitre ! En effet, récupérer un souvenir demande un effort cognitif qui suit souvent une stratégie classique d’entonnoir; l’évènement pourra être modifié selon notre humeur du moment…et le souvenir va évoluer au cours de notre
vie lorsque nous y repenserons. Les émotions et le sens général d’un souvenir,
ce pour quoi nous le retenons, ne sont pas à remettre en cause; ces biais de mémoire reposent sur des détails épisodiques.
Le chercheur M. Laisney rappelle : notre mémoire est à l’origine de notre identité et « en même temps » notre identité va avoir un impact sur nos capacités à nous souvenir et transformer nos souvenirs !
Un rappel salutaire pour garder de l’humilité sur les détails ou nuances de nos
souvenirs et une piste psychologique pour éclairer d’une meilleure lumière
certains souvenirs négatifs !
Podcast RadioFrance sur la mémoire: https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-comment-fonctionne-votre-memoire



